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Liban-Migrants et réfugiés à l'abri des frappes israéliennes dans une église à Beyrouth
information fournie par Reuters 07/03/2026 à 12:00

(Répétition)

par Catherine Cartier et Emilie Madi

Quand les frappes israéliennes ont commencé à s'abattre sur la banlieue sud de Beyrouth lundi à l'aube, Ridina Muhammad, une réfugiée soudanaise, et sa famille ont dû fuir leur domicile à pied et ont fini par trouver le seul abri prêt à les accueillir : une église.

Enceinte de huit mois, Ridina Muhammad, âgée de 32 ans, son mari et leurs trois enfants, ont déambulé pendant des heures dans les rues noires de la capitale libanaise avant de trouver une voiture pouvant les emmener à la paroisse jésuite de Saint-Joseph, qui a ouvert ses portes aux réfugiés et aux migrants.

Environ 300.000 personnes ont été déplacées cette semaine à travers le Liban à la suite des frappes israéliennes, lancées en réponse à une attaque de drones et de roquettes contre Israël par le groupe armé libanais chiite Hezbollah.

Ce dernier est passé à l'action en soutien à Iran, bombardé depuis le 28 février par les Etats-Unis et Israël.

Sur ce total de 300.000, seuls 100.000 ont trouvé refuge dans lieux ouverts par le gouvernement libanais. D'autres se sont installés chez des proches ou dorment dans la rue.

Les migrants et les réfugiés disent que les abris gouvernements ne leur sont pas accessibles, précisant qu'ils en avaient été refoulés lors de la dernière guerre entre Israël et le Hezbollah.

La fille aînée de Ridina Muhammad, maintenant âgée de sept, s'est arrêtée de parler après cette guerre, remontant à 2023-2024.

La famille est encore plus vulnérable aujourd'hui, leur foyer ayant été détruit cette semaine par les frappes israéliennes tandis que le terme de la grossesse de Ridina Muhammad est prévue à la fin du mois.

"Je ne sais pas s'il y a un médecin ou non, mais j'ai vraiment peur parce que je n'ai pas préparé de vêtements pour le bébé, ni réservé de place à l'hôpital, et je ne sais pas où aller", a-t-elle dit à Reuters, pendant que sa fille cadette se blottissait contre son ventre arrondi.

PEU DE RESSOURCES NI D'ESPACE

Ridina Muhammad a précisé qu'elle était enregistrée auprès de l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), tout en ajoutant qu'elle n'avait reçu aucune aide.

"Pourquoi être enregistrés auprès des Nations Unies si l'Agence ne nous aide pas dans les moments les plus difficiles ?", a-t-elle poursuivi.

Dalal Harb, porte-parole du HCR au Liban, a déclaré que l'agence était mobilisée, mais qu'il était extrêmement difficile de repérer tout le monde immédiatement compte tenu de l'ampleur et de la rapidité des déplacements.

Elle a ajouté que l'opération du HCR au Liban n'était actuellement financée qu'à hauteur d'environ 14%.

Le service des réfugiés jésuite, qui avait déjà ouvert les portes de Saint-Joseph lors de la guerre de 2023-2024, a précisé que l'église s'était remplie dès le premier jour des frappes israéliennes, avec l'afflux de 140 personnes, originaires, entre autres du Sud Soudan, de l'Ethiopie et de Bangladesh.

"Il y a beaucoup plus de gens qui viennent qu'en 2024, et nous avons de moins en moins d'endroits où les loger", a déclaré Michael Petro, directeur des abris d'urgence du service des réfugiés jésuite.

Il a ajouté avoir été averti il y a quelques semaines que les refuges gouvernementaux seraient ouverts aux migrants si la guerre éclatait. Mais, selon Michael Petro, lorsque les frappes ont commencé et que même les Libanais ont eu du mal à trouver un refuge, la politique a semblé changer.

"De partout, des responsables gouvernementaux et des ministères, nous entendons que les migrants ne sont pas les bienvenus", a-t-il poursuivi.

La ministre libanaise des Affaires sociales, Haneen Sayyed, n'a pas répondu à une demande de commentaire. Jeudi, elle avait déclaré que les refuges de Beyrouth étaient pleins.

(Version française Benoit Van Overstraeten)

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